Participation au suicide
- Participation au suicide
- Éléments constitutifs objectifs
- Délimitation par rapport à d’autres délits
- Charge de la preuve et appréciation des preuves
- Exemples pratiques
- Éléments constitutifs subjectifs
- Illégalité et justifications
- Culpabilité & Erreurs
- Abandon des poursuites & Déjudiciarisation
- Détermination de la peine & Conséquences
- Échelle des peines § 78 StGB
- Peine de prison & Suspension (partielle) conditionnelle
- Compétence des tribunaux
- Aperçu de la procédure pénale
- Droits de l’accusé
- Pratique et conseils de comportement
- Questions fréquemment posées – FAQ
Participation au suicide
La participation au suicide comprend deux formes d’apparition. Premièrement, l’incitation. L’intention de se suicider est suscitée ou une intention déjà prise est renforcée. Deuxièmement, l’assistance. Le suicide est pratiquement encouragé, par exemple en fournissant un moyen, en donnant des instructions sur l’utilisation ou en organisant les conditions générales. Il est impératif que la personne concernée pose elle-même le dernier acte mortel. Si une autre personne prend en charge l’acte de tuer, il ne s’agit pas d’un § 78 StGB, mais d’un délit d’homicide.
La participation au suicide (Mitwirkung an der Selbsttötung) signifie inciter ou aider à un suicide exécuté de sa propre main. Seul un accompagnement dans le cadre des exigences strictes de la directive anticipée est autorisé. Toute participation en dehors de ce cadre est punissable.
Peter HarlanderHarlander & Partner Rechtsanwälte „Entscheidend ist die Freiverantwortlichkeit des Entschlusses,ohne sie scheidet erlaubte Sterbebegleitung aus.“
Éléments constitutifs objectifs
La partie objective décrit le côté extérieur de l’événement. Elle répond à la question de savoir qui a fait quoi avec quoi, quel résultat a été obtenu et s’il existe un lien de causalité entre l’action et la grave conséquence de la blessure.
Étapes de vérification
- Acte délictueux : Incitation. Provoquer ou renforcer la décision de suicide.
- Acte délictueux : Assistance. Tout encouragement au suicide, par exemple, la fourniture de moyens, les instructions, l’organisation.
- Résultat de l’acte : Suicide de sa propre main ou tentative de suicide.
- Causalité et imputation : Le comportement doit avoir favorisé de manière causale la décision ou la réalisation.
Délimitation par rapport à d’autres délits
- § 75 StGB – Meurtre : homicide intentionnel d’un autre être humain sans ou contre sa volonté. La victime n’a aucune liberté de décision, l’auteur tue de sa propre main.
- § 76 StGB – Homicide involontaire : Homicide dans une situation exceptionnelle affective, déclenchée par une forte émotion comme la colère, la peur ou le désespoir.
- § 77 StGB – Homicide sur demande : Homicide sur demande expresse, sérieuse et pressante de la victime ; l’auteur agit lui-même activement pour répondre au souhait.
- § 78 StGB – Participation au suicide La victime exécute l’acte de tuer de manière autonome ; l’auteur ne fournit qu’un soutien ou une assistance psychologique.
- § 80 StGB – Homicide par négligence : La mort survient en raison d’un manque de diligence, sans que l’auteur ne veuille la mort ou ne l’accepte en connaissance de cause.
La participation au suicide se distingue de l’homicide sur demande par l’activité propre de la victime. Il est décisif que la mort ne survienne pas par la main de l’auteur, mais par l’action de la victime elle-même. Le droit pénal reconnaît cette distinction, car la libre décision de se suicider déplace la responsabilité pénale, la contribution de soutien reste néanmoins punissable si la victime n’agit pas de manière responsable ou si l’auteur influence considérablement la décision.
Sebastian RiedlmairHarlander & Partner Rechtsanwälte „Mitwirkung beginnt bereits bei psychischer Einflussnahme. Eine klare Distanzierung kann strafrechtlich entlasten.“
Directive anticipée et § 78 StGB
Depuis 2022, il existe en Autriche, grâce à la loi sur les directives anticipées (StVfG), une possibilité étroitement limitée de mettre en œuvre son propre souhait de mourir de manière juridiquement contrôlée. Ceci est cependant autorisé exclusivement par une action de sa propre main de la personne concernée.
La directive anticipée permet à une personne majeure et capable de discernement, qui souffre d’une maladie grave incurable ou durable avec une souffrance persistante, de prendre elle-même une préparation mortelle, à condition que
- deux médecins (dont l’un avec une formation en médecine palliative) aient confirmé la capacité de discernement et la responsabilité personnelle,
- la directive ait été établie par écrit devant un notaire ou une représentation des patients,
- et que la préparation ne soit remise qu’à la personne concernée elle-même.
Il n’y a pas de directives anticipées au sens de la loi si
- une autre personne administre le moyen mortel,
- l’acte ne se fait pas de sa propre initiative,
- ou que le désir de mourir n’ait pas été exprimé de manière responsable et durable.
Peter HarlanderHarlander & Partner Rechtsanwälte „Sterbebegleitung ist nur zulässig, wenn der letzte Schritt eigenhändig erfolgt. Jede fremde Verabreichung überschreitet die Grenze.“
Dans tous ces cas, la limite de la participation au suicide est dépassée si une autre personne soutient activement ou provoque le décès. La loi autorise exclusivement le suicide assisté, c’est-à-dire l’aide au suicide, mais pas l’aide active à mourir.
Il reste décisif que la personne concernée pose elle-même le dernier pas, immédiatement mortel.
Charge de la preuve et appréciation des preuves
Le ministère public supporte la charge de la preuve pour l’action, la causalité, l’imputation et la question de savoir si une action autodéterminée de la victime était effectivement présente ou si l’auteur a influencé considérablement l’intention de commettre l’acte.
Le tribunal apprécie l’ensemble des preuves et vérifie notamment si la responsabilité personnelle de la victime est établie sans aucun doute. Les déclarations inappropriées ou obtenues sous pression ainsi que les preuves obtenues illégalement ne sont pas utilisables.
La personne accusée n’a pas de charge de la preuve, mais peut fonder des doutes sur la volontariat ou la causalité. Il suffit de montrer des déroulements alternatifs ou des incertitudes.
Preuves typiques : documents médicaux, déroulements de communication (messages, lettres, e-mails), témoignages, métadonnées numériques, expertises sur la stabilité psychique, protocoles de médicaments.
Sebastian RiedlmairHarlander & Partner Rechtsanwälte „Humanitäre Motive ersetzen keine Rechtfertigung. Rechtlich gilt die klare Trennlinie zur aktiven Einflussnahme.“
Exemples pratiques
- Un proche aidant procure à une personne en phase terminale, à sa demande, un médicament mortel, que celle-ci prend elle-même.
- Une amie aide à la rédaction d’une lettre d’adieu et procure le moyen, sans l’administrer elle-même.
- Un médecin informe sur l’effet d’une préparation, est au courant du plan de suicide, mais n’intervient pas.
- Il n’y a pas de participation au suicide si la victime n’était pas capable de discernement, agissait sous pression ou si l’auteur a provoqué lui-même la décision.
Éléments constitutifs subjectifs
Il est nécessaire d’avoir l’intention de soutenir un suicide responsable. L’auteur sait et veut que son action favorise ou permette la décision de suicide d’une autre personne.
Une action active n’est pas nécessaire ; il est décisif que l’auteur respecte la décision autonome de la victime.
Si l’auteur agit pour provoquer d’abord la décision, il n’y a pas de véritable suicide, mais un homicide par autrui.
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La participation au suicide est illégale si le comportement de l’auteur va au-delà d’une simple assistance de soutien ou organisationnelle ou si la victime n’a pas agi de manière responsable. Il est décisif de savoir si la décision de mourir a été prise de manière autonome, durable et sans influence.
L’accompagnement d’un suicide n’est pas illégal si la personne concernée exécute elle-même l’acte délictueux, dispose de la capacité mentale et psychique de prendre une décision libre et qu’aucune influence par des tiers n’est reconnaissable.
Dès que l’auteur provoque activement, renforce ou détermine le déroulement de la décision, il dépasse la limite légalement autorisée et remplit les éléments constitutifs du § 78 StGB.
La charge de la preuve de l’existence d’une participation punissable incombe au ministère public. Il doit prouver que la victime n’a pas agi de manière autodéterminée ou que l’auteur a exercé une influence causale. S’il existe des doutes fondés sur la responsabilité personnelle, il faut décider en faveur de l’accusé.
Culpabilité & Erreurs
Une erreur d’interdiction existe si l’auteur suppose à tort que son comportement est légalement autorisé. Elle n’excuse que si l’erreur était inévitable, c’est-à-dire que, malgré une enquête raisonnable, aucune clarté sur la punissabilité n’a pu être obtenue.
L’incapacité de culpabilité existe si l’auteur, en raison d’une maladie psychique, d’un trouble psychique grave ou d’un rétrécissement affectif massif, n’était pas en mesure de comprendre l’injustice de son action ou d’agir conformément à cette compréhension. Une simple charge émotionnelle ne suffit pas.
Un état de nécessité excusable n’est envisageable que dans des cas exceptionnels étroitement limités, par exemple s’il existait un danger actuel, autrement inévitable pour le corps ou la vie. La compassion ou les motifs moraux ne justifient pas un état de nécessité au sens du droit pénal.
Abandon des poursuites & Déjudiciarisation
Une procédure peut se terminer si l’auteur se retire volontairement de la tentative ou aide activement à empêcher la mort.
La dérivation est en principe exclue, mais peut être examinée en cas de faible degré de culpabilité, de motif humanitaire et d’absence de mise en danger de tiers.
Détermination de la peine & Conséquences
Le tribunal tient compte notamment de
- si la décision de suicide était autonome,
- si l’auteur a exercé une pression,
- à quel point sa participation était causale,
- et s’il a montré des efforts de sauvetage ultérieurs.
Circonstances aggravantes : Influence sur des personnes labiles, motifs égoïstes, participation répétée.
Circonstances atténuantes : motifs de compassion compréhensibles, proximité émotionnelle, retrait, remords.
Échelle des peines § 78 StGB
- Peine de prison jusqu’à cinq ans.
- L’échelle des peines est comparable à celle de l’homicide sur demande, car dans les deux cas, l’autodétermination de la victime joue un rôle. La limite réside dans l’exécution de sa propre main de l’acte délictueux.
Peine de prison & Suspension (partielle) conditionnelle
§ 37 StGB : Si la menace pénale légale va jusqu’à cinq ans de privation de liberté, le tribunal doit à la place d’une courte peine de privation de liberté d’un an au maximum infliger une amende.
§ 43 StGB : Une peine de privation de liberté avec sursis peut être prononcée si la peine infligée ne dépasse pas deux ans et qu’un pronostic social favorable peut être attesté à la personne condamnée. La période de probation est de un à trois ans. Si elle est effectuée sans révocation, la peine est considérée comme définitivement suspendue.
§ 43a StGB : La suspension partielle permet une combinaison d’une partie de peine ferme et avec sursis. Pour les peines de privation de liberté de plus de six mois à deux ans, une partie peut être suspendue ou remplacée par une amende allant jusqu’à sept cent vingt taux journaliers, si cela semble approprié compte tenu des circonstances.
§§ 50 à 52 StGB : Le tribunal peut en outre donner des instructions et ordonner une assistance probatoire. Les instructions typiques concernent la réparation du dommage, la thérapie, les interdictions de contact ou de séjour ainsi que les mesures de stabilisation sociale. L’objectif est d’éviter d’autres infractions et de favoriser une probation légale durable.
Compétence des tribunaux
Matériellement : Tribunal régional en tant que tribunal d’échevins
Localement : Lieu de l’acte ou lieu du succès ; subsidiairement domicile/lieu de fréquentation.
Instances : Appel devant la Cour régionale supérieure ; pourvoi en cassation devant la Cour suprême.
Revendications civiles dans la procédure pénale
En cas de suicide ayant survécu, la personne concernée peut exiger des dommages et intérêts en raison d’une influence inadmissible ou d’une omission d’assistance.
En cas de suicide consommé, les proches peuvent exiger le remboursement des frais d’obsèques, de la perte de pension alimentaire ou de la souffrance psychique si l’auteur a illégalement influencé la décision.
Aperçu de la procédure pénale
- Début de l’enquête : Statut d’accusé en cas de suspicion concrète ; à partir de ce moment, tous les droits de l’accusé
- Police/Ministère public : le ministère public dirige, la police criminelle enquête ; objectif : classement, diversion ou mise en accusation.
- Audition de l’accusé : Information préalable ; la présence d’un avocat entraîne un report ; le droit de garder le silence subsiste
- Consultation du dossier : auprès de la police/du ministère public/du tribunal ; comprend également les pièces à conviction (dans la mesure où l’objectif de l’enquête n’est pas compromis)
- Audience principale : administration orale des preuves, jugement ; décision sur les demandes des parties privées
Droits de l’accusé
- Consultation pratique des dossiers : dossiers d’enquête et de procédure principale ; la consultation par des tiers est limitée en faveur de l’accusé.
- Information & défense : droit à la communication, à l’aide juridictionnelle, au libre choix d’un avocat, à l’aide à la traduction, aux demandes de preuves.
- Silence & avocat : droit de garder le silence à tout moment ; en cas de présence d’un avocat, l’interrogatoire doit être reporté.
- Obligation d’information : information rapide sur les soupçons/droits ; exceptions uniquement pour assurer la finalité de l’enquête.
Pratique et conseils de comportement
- Garder le silence.
Une brève explication suffit : « Je fais usage de mon droit de garder le silence et je m’entretiens d’abord avec mon avocat. » Ce droit s’applique dès le premier interrogatoire par la police ou le ministère public. - Contacter immédiatement un avocat.
Aucune déclaration ne doit être faite sans avoir consulté le dossier d’enquête. Ce n’est qu’après avoir consulté le dossier que l’avocat peut évaluer la stratégie et la sécurisation des preuves qui sont judicieuses. - Sécuriser immédiatement les preuves.
Faire établir des rapports médicaux, des photos avec indication de la date et de l’échelle, le cas échéant des radiographies ou des tomodensitométries. Conserver séparément les vêtements, les objets et les enregistrements numériques. Établir une liste de témoins et des procès-verbaux de mémoire au plus tard dans les deux jours. - Ne pas prendre contact avec la partie adverse.
Vos propres messages, appels ou publications peuvent être utilisés comme preuves contre vous. Toute communication doit se faire exclusivement par l’intermédiaire de l’avocat. - Sécuriser à temps les enregistrements vidéo et de données.
Les vidéos de surveillance dans les transports publics, les locaux ou par les administrations immobilières sont souvent automatiquement supprimées après quelques jours. Les demandes de sécurisation des données doivent donc être adressées immédiatement aux exploitants, à la police ou au ministère public. - Documenter les perquisitions et les saisies.
En cas de perquisition ou de saisie, vous devez demander une copie de l’ordonnance ou du procès-verbal. Notez la date, l’heure, les personnes impliquées et tous les objets emportés. - En cas d’arrestation : pas de déclarations sur le fond.
Insistez pour que votre avocat soit immédiatement informé. La détention provisoire ne peut être ordonnée qu’en cas de suspicion grave et de motif de détention supplémentaire. Des mesures moins sévères (par exemple, promesse, obligation de se présenter, interdiction de contact) sont prioritaires. - Préparer la réparation du dommage de manière ciblée.
Les paiements ou les offres de réparation doivent être effectués et justifiés exclusivement par l’intermédiaire de l’avocat. Une réparation structurée du dommage a un effet positif sur la diversion et la détermination de la peine. - Ne pas exprimer de justifications par compassion. Elles peuvent être interprétées comme un aveu de culpabilité.
- Un soutien psychologique et la documentation du dépassement peuvent avoir un effet atténuant.
Vos avantages grâce à l’assistance d’un avocat
Une procédure pour participation au suicide compte parmi les domaines les plus exigeants du droit pénal. La transition entre l’accompagnement à la mort autorisé et la participation punissable est étroite et dépend de manière décisive du fait que la décision de mourir a été prise librement, durablement et sans influence.
Surtout dans les cas avec un contexte médical, familial ou psychologique, la situation des preuves est complexe. Déjà de petites imprécisions dans les expertises ou les déclarations peuvent fonder le reproche de complicité. Une représentation juridique précoce est donc indispensable pour consigner précisément les déroulements réels et les classer correctement sur le plan juridique.
Notre cabinet
- analyse soigneusement si une influence punissable ou un simple soutien d’accompagnement était présent,
- vérifie si la responsabilité personnelle de la victime était prouvée,
- évalue les preuves médicales, psychologiques et numériques au regard de leur admissibilité et force probante,
- vous accompagne à travers toutes les phases de la procédure d’enquête et de la procédure principale,
- et préserve vos droits avec la conséquence nécessaire envers la police, le ministère public et le tribunal.
Une défense pénale expérimentée assure que les limites juridiquement pertinentes sont respectées et que les motivations humaines sont classées objectivement. Ainsi, une stratégie de défense est créée, qui présente votre position de manière juridiquement fondée, mais sans émotionnalisation – dans le but d’atteindre une évaluation juste et objective de votre action.
Peter HarlanderHarlander & Partner Rechtsanwälte „Machen Sie keine inhaltlichen Aussagen ohne vorherige Rücksprache mit Ihrer Verteidigung. Sie haben jederzeit das Recht zu schweigen und eine Anwältin oder einen Anwalt beizuziehen. Dieses Recht gilt bereits bei der ersten polizeilichen Kontaktaufnahme. Erst nach Akteneinsicht lässt sich klären, ob und welche Einlassung sinnvoll ist.“