Donation en cas de décès
- Donation en cas de décès
- Base juridique de la donation à cause de mort
- Effets avant le décès
- Effets après le décès
- Traitement fiscal
- Droit à la réserve héréditaire et le « quart disponible »
- Objet de la donation
- Inscription au livre foncier de la donation à cause de mort
- Impact sur les droits à la réserve héréditaire
- Position juridique du donateur
- Position juridique du donataire
- Différences par rapport à d’autres formes de transfert de patrimoine
- Vos avantages grâce à l’assistance d’un avocat
- Questions fréquemment posées – FAQ
Donation en cas de décès
Celui qui souhaite créer des conditions claires de son vivant recourt souvent à un testament. Mais une disposition testamentaire n’est pas toujours la bonne solution. Une donation à cause de mort (§ 603 ABGB) offre une alternative contraignante, mais flexible pour transférer de manière ciblée des actifs sélectionnés avec effet seulement à partir du moment du décès, mais déjà réglementée de manière juridiquement contraignante du vivant.
La donation à cause de mort est un contrat de donation bilatéral qui est conclu du vivant. Le donateur s’engage à transférer gratuitement au donataire un objet déterminé seulement après son décès. Jusque-là, le donateur conserve le plein pouvoir de disposition.
Contrairement à un testament, cette disposition n’est pas révocable unilatéralement. Le donataire acquiert, dès la conclusion du contrat, un droit exécutoire qui n’est exigible qu’au décès. En cas de succession, il n’est pas considéré comme héritier, mais comme créancier de la succession.
Base juridique de la donation à cause de mort
La donation à cause de mort est expressément réglementée dans le droit successoral autrichien depuis 2017. Selon § 603 ABGB, il s’agit d’un acte juridique fondé entre vifs, mais soumis à une condition suspensive.
Pour qu’une telle donation soit valable, les conditions suivantes doivent être remplies :
- Contrat avec acceptation : Il faut un accord de volonté entre le donateur et le donataire.
- Forme d’acte notarié : L’ensemble du contrat – y compris l’acceptation – doit être constaté par acte notarié. Les modifications ultérieures du contrat nécessitent également la forme d’acte notarié.
- Pas de réserve de révocation : Le donateur ne doit pas se réserver un droit de révocation général. Une clause contractuelle de rétractation rend la donation inefficace.
Si ces conditions sont remplies, il s’agit d’une attribution de patrimoine juridiquement contraignante, qui devient automatiquement effective avec le décès. +
Sebastian RiedlmairHarlander & Partner Rechtsanwälte „Gerade bei größeren Vermögenswerten ist die notarielle Gestaltung einer Schenkung auf den Todesfall oft die rechtssicherste Lösung, insbesondere dann, wenn ein Testament angreifbar wäre“
Effets avant le décès
Malgré l’effet contraignant, le donateur reste propriétaire de la chose promise et peut en principe continuer à l’utiliser, par exemple la louer ou l’exploiter. Il ne doit cependant rien faire qui empêche l’exécution du contrat, comme par exemple donner ou vendre l’objet. Si une disposition à des tiers intervient malgré tout, il en résulte un droit à des dommages et intérêts pour le donataire contre la succession.
Effets après le décès
Avec le décès du donateur, l’obligation devient exigible : le donataire a désormais un droit exécutoire à la restitution. Il ne doit pas être héritier, mais peut utiliser le contrat avec l’acte de décès pour, par exemple, demander l’inscription au livre foncier.
Important : L’objet reste une partie de la succession et peut être grevé de dettes. Les créanciers du défunt sont prioritaires. Le donataire doit donc attendre de voir si la succession est suffisante pour satisfaire sa créance.
Traitement fiscal
- Pas de droits de donation : L’Autriche ne prélève plus de droits de donation ou de succession depuis 2008.
- Pas d’obligation de déclaration : Comme il s’agit d’une disposition pour cause de mort, aucune déclaration de donation n’est requise.
- Impôt sur les mutations immobilières : Pour les biens immobiliers, l’impôt sur les mutations immobilières est dû, comme s’il s’agissait d’un héritage. Les 1,1 % de frais d’inscription au livre foncier sont également à payer.
Droit à la réserve héréditaire et le « quart disponible »
Même pour les donations à cause de mort, il est valable : Le testateur ne doit pas disposer de l’ensemble de son patrimoine. Selon la loi, un quart doit rester libre, ce qu’on appelle le « quart disponible ». Il sert à la protection des héritiers réservataires.
Si cette mesure minimale est dépassée, les héritiers peuvent contester la donation. Le donataire doit éventuellement restituer des parties. De plus, l’attribution est imputée sur les droits à la réserve héréditaire. Selon le moment de la donation, même en totalité.
Objet de la donation
L’objet d’une donation peut être toute chose dans le commerce, à condition qu’elle ait une valeur économique. Cela comprend aussi bien les choses corporelles qu’incorporelles. Par exemple, de l’argent liquide, des meubles, des albums photos ou des parts d’entreprise peuvent être donnés.
Il doit toujours y avoir une volonté de donation. Si quelqu’un remet quelque chose en raison d’une obligation, il n’y a pas de donation.
Inscription au livre foncier de la donation à cause de mort
La donation à cause de mort elle-même ne peut pas être inscrite au livre foncier car il n’existe pas de forme d’inscription propre pour ce type de contrat.
Une annotation relative à la restriction de propriété au livre foncier n’est pas non plus autorisée. Cela signifie que le donataire n’a pas de protection au livre foncier avant le décès du donateur.
Impact sur les droits à la réserve héréditaire
La donation à cause de mort est traitée comme une autre attribution pour cause de mort dans le calcul de la réserve héréditaire. Cela signifie :
- Imputation : L’attribution promise est imputée fictivement à la succession, comme si elle avait été faite au moment du décès.
- Réduction de la réserve héréditaire : Si le testateur a dépassé le « quart disponible » avec la donation, cela peut entraîner des violations de la réserve héréditaire.
- Imputation sur la réserve héréditaire : La valeur de la chose donnée doit être déduite de la créance de réserve héréditaire du donataire, si celui-ci est lui-même réservataire.
- Droit d’action des autres héritiers réservataires : Si la réserve héréditaire est violée, les proches déshérités peuvent, dans certaines circonstances, faire valoir des droits de restitution à l’encontre du donataire.
Position juridique du donateur
Jusqu’au moment du décès, le donateur reste :
- propriétaire illimité de l’objet donné,
- autorisé à l’utilisation (par exemple, revenus, usage)
- mais obligé de tout faire pour ne pas compromettre l’exécution du contrat.
Par exemple, il ne doit pas donner, vendre ou grever l’objet, si cela devait empêcher l’exécution du contrat.
Si le donateur enfreint cette obligation, le donataire (ou ses héritiers) peut faire valoir des dommages et intérêts contre la succession.
Important :
Le donateur ne peut pas se réserver un droit de rétractation contractuel. Les modifications unilatérales ultérieures sont également juridiquement inefficaces, à moins qu’elles n’aient été à nouveau convenues sous la forme d’un acte notarié.
Position juridique du donataire
Le donataire acquiert avec la conclusion du contrat :
- un droit garanti en droit des obligations à la transmission de la chose donnée,
- qui n’est exigible qu’avec la mort du donateur.
Il ne devient pas automatiquement propriétaire, mais doit, par exemple pour les biens immobiliers, faire valoir la créance, par exemple par une inscription au livre foncier sur présentation du contrat et de l’acte de décès.
Important :
- Le donataire n’est pas héritier, mais créancier de la succession.
- Sa créance prime sur celle d’un légataire, il doit donc être servi en priorité.
- Contre les tiers auxquels l’objet de la donation a été transmis illégalement, il n’existe qu’exceptionnellement une créance, par exemple en cas d’atteinte à des droits de créance étrangers.
- Le donataire peut également se prévaloir du contrat, même s’il était indigne d’hériter, car il ne s’agit pas d’une disposition testamentaire.
Effet suspensif
La donation à cause de mort ne déploie son effet qu’avec le décès du donateur (elle est donc soumise à une condition suspensive).
Cela signifie :
- Le donataire n’acquiert d’abord qu’une espérance en droit des obligations.
- Pas de propriété, pas de pouvoir de disposition et pas de droit d’inscription avant la survenance du décès.
- Pas d’accès par les créanciers du donataire tant que le décès n’est pas survenu.
Le moment déterminant pour la donation est juridiquement le moment du décès, et non le moment de la conclusion du contrat. Ceci est particulièrement important pour le calcul de la réserve héréditaire et pour la question de savoir quand une donation est considérée comme « effectuée ».
Différences par rapport à d’autres formes de transfert de patrimoine
Testament
Un testament est une déclaration de volonté unilatérale, révocable à tout moment. Il est généralement établi à la main ou devant un notaire et n’entre en vigueur qu’après le décès.
Différence par rapport à la donation à cause de mort : Le testament ne nécessite pas de partenaire contractuel et peut être modifié ou annulé à tout moment sans l’accord d’autrui. La donation à cause de mort, en revanche, est contractuellement contraignante et ne peut être annulée que d’un commun accord.
Sebastian RiedlmairHarlander & Partner Rechtsanwälte „Die Schenkung auf den Todesfall ist keine Ersatzform für ein Testament. Sie ist ein eigenständiges Gestaltungsmittel, das Vertragsbindung mit Flexibilität verbindet.“
Pacte successoral
Un pacte successoral est un contrat bilatéral entre époux ou fiancés, qui règle de manière contraignante la succession (en tout ou en partie). Il est également soumis à l’acte notarié.
Différence par rapport à la donation à cause de mort : Le pacte successoral concerne typiquement l’ensemble du patrimoine, tandis que la donation à cause de mort concerne des biens patrimoniaux individuels. De plus, un pacte successoral ne peut pas être conclu avec n’importe qui – une donation, en revanche, si.
Remise à cause de mort
Ici, un objet est déjà physiquement remis du vivant, avec l’accord qu’il ne pourra être définitivement conservé qu’après le décès du cédant.
Différence : La remise à cause de mort est juridiquement inefficace si elle n’est pas conçue comme une disposition testamentaire en bonne et due forme. La sécurité contractuelle de la donation à cause de mort fait défaut – en particulier pour les biens immobiliers, il n’existe aucune protection juridique pour le bénéficiaire.
Mandat à cause de mort
Il s’agit du mandat à une tierce personne de remettre un objet à une personne déterminée après le décès du donateur.
Différence : Le bénéficiaire n’a pas de créance directe contre la succession. La donation à cause de mort, en revanche, accorde une créance juridiquement exécutoire issue du contrat.
Remise de dette à cause de mort
Une remise de dette à cause de mort signifie que le créancier déclare renoncer à une créance avec son décès.
Différence : Selon l’opinion dominante, il ne s’agit pas d’une donation, et l’opération n’est pas soumise à une obligation de forme. La base juridique est unilatérale – contrairement à la donation à cause de mort en tant que contrat bilatéral.
Donation avec condition suspensive
Les donations peuvent être liées à des conditions (par exemple, obligation de soins) qui deviennent effectives lors de la survenance.
Différence : Si la condition suspensive se réfère au décès du donateur et qu’aucune forme d’acte notarié n’est choisie, l’invalidité menace. Seul le respect des exigences de forme strictes et sans réserve de révocation permet de considérer une telle conception comme une donation à cause de mort.
Donation avec réserve de droits
Ici, un objet est déjà transféré du vivant, mais sous réserve de droits – par exemple, jouissance des fruits, droit d’habitation ou interdiction d’aliéner.
Différence : La donation est immédiatement effective ; le donataire devient déjà propriétaire, même si le donateur conserve l’usage. Dans le cas de la donation à cause de mort, le donateur reste propriétaire jusqu’à son décès.
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