Lésions corporelles par négligence
- Lésions corporelles par négligence
- Éléments constitutifs objectifs
- Délimitation par rapport à d’autres délits
- Charge de la preuve et appréciation des preuves
- Exemples pratiques
- Éléments constitutifs subjectifs
- Illégalité et justifications
- Abandon des poursuites & Déjudiciarisation
- Détermination de la peine & Conséquences
- Échelle des peines § 88 StGB
- Amende – Système de taux journalier
- Peine de prison & Suspension (partielle) conditionnelle
- Compétence des tribunaux
- Aperçu de la procédure pénale
- Droits de l’accusé
- Pratique et conseils de comportement
- Questions fréquemment posées – FAQ
Lésions corporelles par négligence
Les lésions corporelles par négligence au sens de l’§ 88 StGB concernent les cas où une personne cause une blessure ou une atteinte à la santé par manquement à la diligence. Il est essentiel que la conséquence ait été prévisible et évitable. La négligence grave aggrave l’échelle des peines. Si les circonstances atténuantes légales sont réunies, l’acte reste impuni.
Il y a lésions corporelles par négligence lorsqu’un devoir de diligence est violé et que le résultat typique de la blessure se réalise de ce fait.
Peter HarlanderHarlander & Partner Rechtsanwälte „Fahrlässigkeit ist kein Unglück. Wer Sorgfaltspflichten ignoriert, haftet strafrechtlich und zivilrechtlich.“
Éléments constitutifs objectifs
La partie objective décrit le côté extérieur de l’événement. Elle répond à la question de savoir qui a fait quoi avec quoi, quel résultat a été obtenu et s’il existe un lien de causalité entre l’action et la grave conséquence de la blessure.
Étapes de vérification
- Acte : atteinte physique (p. ex. frapper, pousser, donner des coups de pied, étrangler, utilisation d’outils) ou omission contraire au devoir en cas de position de garant existante.
- Résultat : cette violation du devoir doit effectivement avoir entraîné une blessure corporelle ou une atteinte à la santé, comme par exemple une contusion, une fracture ou une atteinte durable.
- Causalité : il doit exister un lien compréhensible entre l’acte et la blessure. Sans le comportement contraire au devoir, la blessure ne se serait pas produite.
- Imputation objective : le résultat doit précisément réaliser le risque créé par l’auteur et juridiquement répréhensible (lien de protection). Des causes tierces atypiques ou un comportement de la victime totalement indépendant peuvent interrompre l’imputation.
Sebastian RiedlmairHarlander & Partner Rechtsanwälte „Beweise überzeugen, wenn Handlung, Zielregion und Mittel zusammen ein klares Bild der Absicht ergeben.“
Délimitation par rapport à d’autres délits
Pour le classement des délits de lésions corporelles :
- § 83 StGB – Lésions corporelles : blessure intentionnelle.
- § 84 StGB – Lésions corporelles graves : conséquence grave, en règle générale en cas d’intention de blesser.
- § 85 StGB – Conséquences graves durables : conséquences à long terme ou irréversibles.
- § 86 StGB – Lésions corporelles entraînant la mort : conséquence mortelle par négligence, blessure intentionnelle.
- § 87 StGB – Lésions corporelles graves intentionnelles : volonté de la conséquence grave.
- § 89 StGB – Mise en danger : infraction de mise en danger concrète sans survenance du résultat.
Charge de la preuve et appréciation des preuves
Ministère public : supporte la charge de la conviction pour l’acte, le résultat, la causalité, l’imputation et, le cas échéant, les caractéristiques de qualification.
Tribunal : apprécie l’ensemble des preuves et évalue notamment les documents médicaux. Les preuves inappropriées ou obtenues illégalement ne sont pas utilisables.
Accusé : n’a pas de charge de la preuve, mais peut indiquer des déroulements alternatifs, fonder des doutes sur la causalité ou faire valoir des interdictions d’exploitation de preuves.
Pièces justificatives typiques : constats médicaux, diagnostics d’imagerie (scanner, radiographie, IRM), témoins neutres, enregistrements vidéo, métadonnées numériques, expertises sur la gravité de la blessure.
Sebastian RiedlmairHarlander & Partner Rechtsanwälte „Fahrlässigkeit steht und fällt mit Vorhersehbarkeit und Vermeidbarkeit. Beides muss belastbar belegt sein.“
Exemples pratiques
- Oubli d’un piéton sur le passage protégé malgré une visibilité claire et une vitesse à respecter.
- Travaux sur des pièces de machines rotatives sans recouvrement prescrit malgré les instructions.
- Administration d’un mauvais médicament malgré un contre-contrôle prévu.
- Omission de déblayer un escalier très fréquenté en cas de risque de verglas malgré l’obligation d’épandage.
- Pas de manquement à la diligence punissable en cas de comportement d’automise en danger totalement atypique de la victime sans lien avec le cercle des obligations.
Éléments constitutifs subjectifs
La négligence au sens du § 6 StGB est requise : non-respect de la diligence requise, bien que la conséquence ait été prévisible et évitable. Il y a négligence grave lorsque le manquement à la diligence est particulièrement flagrant.
Ligne directrice
La négligence grave est la zone rouge du manquement à la diligence. Quiconque ignore les signaux d’alarme aggrave considérablement son risque.
Illégalité et justifications
- Légitime défense : Attaque actuelle et illégale ; défense nécessaire et appropriée. Rétorsion après la fin de l’attaque = pas de légitime défense.
- État de nécessitéi exonératoire : Danger immédiat ; pas de moyen moins grave ; intérêt prépondérant.
- Consentement effectif : Capacité de décision, information, volontariat ; limites : immoralité, mineurs.
- Pouvoirs légaux : Atteintes avec base juridique et proportionnalité (notamment actes officiels, contrainte légitime).
Charge de la preuve : Le ministère public doit démontrer sans doute raisonnable qu’aucun motif de justification n’est valable. L’accusé(e) ne doit rien prouver ; des faits de rattachement concrets suffisent à fonder des doutes (in dubio pro reo).
Culpabilité & Erreurs
- Erreur d’interdiction : n’excuse que si elle est inévitable (obligation de s’informer !).
- Principe de culpabilité : Seule est punissable la personne qui agit de manière coupable.
- Irresponsabilité : pas de culpabilité en cas de trouble psychique grave, etc. expertise psychiatrique dès qu’il existe des indices.
- État de nécessité exonératoire : Caractère déraisonnable d’un comportement légitime dans une situation de contrainte extrême.
- Légitime défense putatif : L’erreur sur la justification enlève l’intention ; la négligence subsiste si elle est normalisée.
Abandon des poursuites & Déjudiciarisation
Une procédure pénale peut se terminer sans condamnation sous certaines conditions. Le droit pénal prévoit deux voies à cet effet : l’exemption de peine selon le § 88 al. 2 StGB et la diversion.
Selon le § 88 al. 2 StGB, les lésions corporelles par négligence restent impunies s’il n’y a pas de négligence grave et si l’atteinte à la santé ou l’incapacité de travail ne dure pas plus de 14 jours. La question de savoir si ces conditions sont remplies ressort de constatations médicales probantes. Dans de tels cas, il est renoncé à une sanction pénale, car le législateur ne veut pas criminaliser les négligences mineures.
De plus, une procédure peut également être réglée par diversion. La diversion est une sorte de clôture extrajudiciaire d’une procédure pénale, dans laquelle la culpabilité n’est pas considérée comme grave, les faits sont établis et l’accusé assume sa responsabilité. Une condition préalable est régulièrement une réparation des conséquences de l’acte, comme par exemple par le paiement d’une somme d’argent, des prestations d’intérêt général, la participation à une assistance probatoire ou une conciliation avec la victime.
En cas de diversion réussie, il n’y a pas de déclaration de culpabilité ni d’inscription au casier judiciaire. La procédure est considérée comme terminée et la personne concernée peut poursuivre sa vie sans condamnation formelle. La diversion est donc un instrument qui mise sur la prise de conscience et la compensation du dommage, au lieu de la sanction pénale.
Détermination de la peine & Conséquences
Le montant d’une peine dépend de la culpabilité et des conséquences de l’acte. Le tribunal tient compte de la gravité des conséquences de la blessure, du caractère dangereux ou imprudent de l’action et du fait que l’auteur a agi de manière planifiée ou spontanée. De même, les circonstances personnelles sont examinées, comme les antécédents judiciaires, la situation de vie, la volonté d’avouer ou les efforts de réparation.
Les circonstances aggravantes sont par exemple plusieurs actes, une imprudence particulière ou des attaques contre des personnes sans défense.
Les circonstances atténuantes sont l’absence d’antécédents, un aveu complet, la réparation du dommage ou la coresponsabilité de la victime. Une longue durée de la procédure pénale peut également avoir un effet atténuant sur la peine.
Le droit pénal autrichien connaît le système de taux journaliers pour les amendes : le nombre de taux journaliers dépend de la gravité de la culpabilité, le taux journalier individuel du revenu. Cela doit garantir qu’une amende soit ressentie de la même manière par toutes les personnes concernées. Si la peine n’est pas payée, elle peut être transformée en une peine de prison de substitution.
Une peine de prison peut être entièrement ou partiellement assortie d’un sursis si la peine ne dépasse pas deux ans et qu’il existe un pronostic social positif. Dans ce cas, le condamné reste en liberté, mais doit faire ses preuves pendant une période de probation d’un à trois ans. Si toutes les conditions sont remplies, la peine est considérée comme définitivement suspendue.
Les tribunaux peuvent en outre donner des instructions, par exemple pour la réparation du dommage, la thérapie ou la restriction des contacts, et ordonner une assistance à la probation. L’objectif est toujours de réduire le risque de récidive et de favoriser un mode de vie stable.
Peter HarlanderHarlander & Partner Rechtsanwälte „Strafzumessung folgt der Konsequenz der Tat und der Zielgerichtetheit. Eine frühzeitige Verteidigungsarbeit senkt Risiken.“
Échelle des peines § 88 StGB
Cas de base : peine privative de liberté de trois mois au plus ou peine pécuniaire de 180 jours-amende au plus.
Négligence grave ou cas du § 81 al. 2 StGB : peine privative de liberté de six mois au plus ou peine pécuniaire de 360 jours-amende au plus.
Exemption de peine selon le § 88 al. 2 StGB : pas de négligence grave et pas d’atteinte de plus de 14 jours.
Amende – Système de taux journalier
- Étendue : jusqu’à 720 taux journaliers (nombre de taux journaliers = mesure de la faute ; montant/jour = capacité financière ; min. 4,00 €, max. 5 000,00 €).
- Formule pratique : 6 mois de prison ≈ 360 taux journaliers (orientation, pas schéma).
- Irrecouvrabilité : Peine de prison de substitution (en règle générale : 1 jour de peine de prison de substitution = 2 taux journaliers).
Peine de prison & Suspension (partielle) conditionnelle
§ 37 StGB : Si la menace pénale légale va jusqu’à cinq ans de privation de liberté, le tribunal doit à la place d’une courte peine de privation de liberté d’un an au maximum infliger une amende.
§ 43 StGB : Une peine de privation de liberté avec sursis peut être prononcée si la peine infligée ne dépasse pas deux ans et qu’un pronostic social favorable peut être attesté à la personne condamnée. La période de probation est de un à trois ans. Si elle est effectuée sans révocation, la peine est considérée comme définitivement suspendue.
§ 43a StGB : La suspension partielle permet une combinaison d’une partie de peine ferme et avec sursis. Pour les peines de privation de liberté de plus de six mois à deux ans, une partie peut être suspendue ou remplacée par une amende allant jusqu’à sept cent vingt taux journaliers, si cela semble approprié compte tenu des circonstances.
§§ 50 à 52 StGB : Le tribunal peut en outre donner des instructions et ordonner une assistance probatoire. Les instructions typiques concernent la
Compétence des tribunaux
Pour les procédures pour lésions corporelles par négligence, le tribunal de district est généralement compétent, car il s’agit d’un délit passible d’une peine moins lourde.
Le tribunal compétent localement est celui dans le ressort duquel soit
- l’acte a été commis (lieu de l’acte), soit
- le résultat de la blessure s’est produit (lieu du résultat).
Si les deux ne peuvent pas être clairement établis, le tribunal du domicile ou du lieu de séjour de l’accusé peut également être compétent.
Les recours contre les jugements de première instance sont régis par les dispositions générales du code de procédure pénale. En règle générale, le tribunal régional statue en tant qu’instance de recours sur les appels.
Revendications civiles dans la procédure pénale
La victime peut se joindre (préjudice moral, traitement curatif, perte de revenus, dommages matériels). La jonction interrompt la prescription de droit civil comme une action en justice – mais seulement envers l’accusé et seulement dans la mesure demandée. Majoration totale/partielle possible ; sinon, renvoi à la voie du droit civil. Stratégie : une réparation structurée précoce du dommage augmente les chances de diversion et de détermination modérée de la peine.
Aperçu de la procédure pénale
- Début de l’enquête : mise en accusation en cas de suspicion concrète ; à partir de ce moment, tous les droits de l’accusé.
- Police/Ministère public : le ministère public dirige, la police criminelle enquête ; objectif : classement, diversion ou mise en accusation.
- Audition de l’accusé : information préalable ; la présence d’un avocat entraîne un report ; le droit de garder le silence demeure.
- Consultation du dossier : auprès de la police/du ministère public/du tribunal ; comprend également les pièces à conviction (dans la mesure où le but de l’enquête n’est pas compromis).
- Audience principale : administration orale des preuves, jugement ; décision sur les demandes de participation privée.
Droits de l’accusé
- Consultation pratique des dossiers : dossiers d’enquête et de procédure principale ; la consultation par des tiers est limitée en faveur de l’accusé.
- Information & défense : droit à la communication, à l’aide juridictionnelle, au libre choix d’un avocat, à l’aide à la traduction, aux demandes de preuves.
- Silence & avocat : droit de garder le silence à tout moment ; en cas de présence d’un avocat, l’interrogatoire doit être reporté.
- Obligation d’information : information rapide sur les soupçons/droits ; exceptions uniquement pour assurer la finalité de l’enquête.
Pratique et conseils de comportement
- Garder le silence.
Une brève explication suffit : « Je fais usage de mon droit de garder le silence et je m’entretiens d’abord avec mon avocat. » Ce droit s’applique dès le premier interrogatoire par la police ou le ministère public. - Contacter immédiatement un avocat.
Aucune déclaration ne doit être faite sans avoir consulté le dossier d’enquête. Ce n’est qu’après avoir consulté le dossier que l’avocat peut évaluer la stratégie et la sécurisation des preuves qui sont judicieuses. - Sécuriser immédiatement les preuves.
Faire établir des rapports médicaux, des photos avec indication de la date et de l’échelle, le cas échéant des radiographies ou des tomodensitométries. Conserver séparément les vêtements, les objets et les enregistrements numériques. Établir une liste de témoins et des procès-verbaux de mémoire au plus tard dans les deux jours. - Ne pas prendre contact avec la partie adverse.
Vos propres messages, appels ou publications peuvent être utilisés comme preuves contre vous. Toute communication doit se faire exclusivement par l’intermédiaire de l’avocat. - Sécuriser à temps les enregistrements vidéo et de données.
Les vidéos de surveillance dans les transports publics, les locaux ou par les administrations immobilières sont souvent automatiquement supprimées après quelques jours. Les demandes de sécurisation des données doivent donc être adressées immédiatement aux exploitants, à la police ou au ministère public. - Documenter les perquisitions et les saisies.
En cas de perquisition ou de saisie, vous devez demander une copie de l’ordonnance ou du procès-verbal. Notez la date, l’heure, les personnes impliquées et tous les objets emportés. - En cas d’arrestation : pas de déclarations sur le fond.
Insistez pour que votre avocat soit immédiatement informé. La détention provisoire ne peut être ordonnée qu’en cas de suspicion grave et de motif de détention supplémentaire. Des mesures moins sévères (par exemple, promesse, obligation de se présenter, interdiction de contact) sont prioritaires. - Préparer la réparation du dommage de manière ciblée.
Les paiements ou les offres de réparation doivent être effectués et justifiés exclusivement par l’intermédiaire de l’avocat. Une réparation structurée du dommage a un effet positif sur la diversion et la détermination de la peine.
Vos avantages grâce à l’assistance d’un avocat
En particulier dans le cas des délits de négligence, le résultat dépend fortement de l’appréciation des preuves et de l’évaluation technique des faits. Même de petites imprécisions dans les expertises, les valeurs mesurées ou les témoignages peuvent faire la différence décisive. Une représentation par un avocat à un stade précoce est donc essentielle pour classer correctement les événements réels sur le plan juridique et empêcher une poursuite pénale prématurée.
Notre cabinet
- vérifie soigneusement si le manquement à la diligence reproché existait réellement,
- analyse en détail les preuves techniques, organisationnelles et médicales,
- vous accompagne tout au long de la procédure d’enquête et de la procédure judiciaire,
- se concerte avec des experts indépendants afin de clarifier les conclusions peu claires ou contradictoires,
- développe une stratégie de défense qui vise à prouver la diligence, l’imprévisibilité ou la faute partagée d’autrui,
- et s’engage systématiquement pour que l’acte soit correctement classé sur le plan juridique et, le cas échéant, en appliquant la disposition d’exemption de peine ou un règlement par diversion.
Une défense pénale compétente garantit qu’un accident évitable n’entraîne pas une criminalisation injustifiée. Elle protège vos droits, préserve votre crédibilité et aide à clore la procédure avec le moins de charges personnelles et juridiques possible.
Peter HarlanderHarlander & Partner Rechtsanwälte „Machen Sie keine inhaltlichen Aussagen ohne vorherige Rücksprache mit Ihrer Verteidigung. Sie haben jederzeit das Recht zu schweigen und eine Anwältin oder einen Anwalt beizuziehen. Dieses Recht gilt bereits bei der ersten polizeilichen Kontaktaufnahme. Erst nach Akteneinsicht lässt sich klären, ob und welche Einlassung sinnvoll ist.“