La préparation de données au sens de l’article 115h du StPO décrit le processus strictement réglementé sur les plans technique et juridique par lequel les données numériques saisies sont rendues exploitables pour une procédure pénale. Le point de départ est une sauvegarde originale sécurisée de manière forensique, à partir de laquelle une copie de travail est créée. Seule cette copie de travail constitue la base de l’évaluation ultérieure.

Les données ne sont pas librement consultées, mais systématiquement limitées à l’étendue autorisée par le tribunal. Les catégories de données et les périodes définies sont notamment déterminantes. Toute évaluation allant au-delà est illicite.

La réglementation sert délibérément à limiter les interventions étatiques. Elle garantit que l’analyse des données ne mène pas à une investigation incontrôlée, mais reste étroitement liée à l’autorisation judiciaire.

La préparation des données est l’évaluation technico-forensique des données saisies sur la base d’une copie de travail, limitée à l’étendue autorisée par le tribunal et obligatoirement documentée par un rapport de préparation.

L'article 115h du StPO expliqué. Comment les données sont préparées techniquement, limitées et documentées dans la procédure pénale.
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Systématique de la préparation des données

La préparation des données selon l’article 115h du StPO est une étape de procédure clairement structurée au sein de la procédure d’enquête. Elle fait suite à la sécurisation et à la saisie de supports de données et de données et sert à l’évaluation technique des stocks de données déjà sécurisés. Il ne s’agit pas d’une mesure de contrainte autonome, mais de la mise en œuvre méthodique d’une mesure déjà autorisée.

Le processus suit un ordre fixe : les autorités d’enquête créent d’abord une sauvegarde originale, puis elles réalisent une copie de travail et effectuent l’évaluation du contenu sur cette base. Le résultat constitue un ensemble de données structuré qu’elles rendent accessible à la procédure en tant que moyen de preuve. Les dispositions légales fixent chacune de ces étapes de manière contraignante, de sorte que les parties ne peuvent ni les sauter ni les mélanger.

La systématique garantit que l’évaluation des données reste techniquement traçable et juridiquement vérifiable. En particulier, la séparation entre la sauvegarde et l’évaluation empêche que les données originales ne soient modifiées ou falsifiées. Parallèlement, il est garanti que les données se présentent sous une forme qui permet une exploitation judiciaire.

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„Dans le cadre de l’examen juridique, il convient d’abord de clarifier sur quelle base les données ont été sécurisées, évaluées et limitées.“
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Relation avec l’article 109 du StPO Définitions

La réglementation de l’ article 115h du StPO s’appuie directement sur les définitions de l’article 109 du StPO. Les termes techniques et juridiques centraux y sont définis, notamment la sauvegarde originale, la copie de travail, la préparation de données ainsi que le résultat de la préparation des données. Ces définitions sont impératives pour la compréhension et l’application de la préparation des données. Pour en savoir plus sur les définitions de l’article 109 du StPO, lisez ici : Définitions légales de la sécurisation et de la saisie

La préparation des données elle-même est définie comme une préparation technique pour des raisons de preuve. Elle comprend aussi bien l’évaluation des données existantes que la restauration de contenus supprimés et leur limitation à l’étendue autorisée. La décision judiciaire sur la saisie de supports de données et de données, à laquelle la préparation est liée quant au contenu, est toujours déterminante.

Les définitions assurent une distinction claire entre les différentes étapes de la procédure. Alors que la sécurisation et la saisie concernent le pouvoir de disposition sur les données, la préparation des données régit leur évaluation de contenu. Sans cette différenciation légale, un traitement traçable et contrôlable des preuves numériques ne serait pas garanti.

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Sauvegarde originale et copie de travail

La sauvegarde originale constitue la base de toute préparation de données. Il s’agit d’une copie réalisée de manière forensique du stock de données initial, générée à l’aide de mécanismes de sécurisation spéciaux. L’objectif est de conserver l’état initial des données de manière inchangée et probante.

Sur la base de cette sauvegarde originale, les autorités d’enquête créent une copie de travail. Elles utilisent exclusivement cette copie de travail pour l’évaluation ultérieure. La sauvegarde originale reste quant à elle intacte et sert de référence permettant de vérifier l’intégrité des données à tout moment.

Cette séparation claire entre la sauvegarde originale et la copie de travail est impérative. Elle empêche que l’analyse elle-même n’entraîne des modifications du moyen de preuve. Parallèlement, elle permet une évaluation reproductible et vérifiable, ce qui est d’une importance centrale pour l’admissibilité judiciaire des preuves numériques.

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„Pour les preuves numériques, le contenu n’est pas le seul élément important, le mode d’évaluation l’est également. Les différentes étapes du traitement doivent être traçables sur les plans technique et juridique. “
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Étendue de la préparation des données par autorisation judiciaire

La préparation des données est strictement liée à l’autorisation judiciaire. Les catégories de données et la période visées par la décision de saisie sont déterminantes. L’évaluation doit s’effectuer exclusivement dans ce cadre.

La décision judiciaire fixe notamment :

Une analyse allant au-delà est illicite. La préparation des données n’est donc pas un processus de recherche ouvert, mais une évaluation ciblée et limitée sur la base de critères clairement définis. Le respect de ces limites est décisif pour l’exploitabilité juridique des données obtenues.

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„En pratique, nous vérifions en particulier si la préparation des données a été limitée à l’étendue fixée par l’autorisation judiciaire.“
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Déroulement technique de la préparation des données

Le déroulement technique de la préparation des données suit une structure prescrite par la loi. Le point de départ est toujours le stock de données sécurisé, à partir duquel les autorités d’enquête créent une sauvegarde originale. Celle-ci sécurise le stock de données initial de manière inchangée en tant que moyen de preuve.

En pratique, le déroulement se divise régulièrement en étapes suivantes :

L’évaluation s’effectue exclusivement sur la copie de travail. Des mesures techniques peuvent également être employées pour rendre les données plus accessibles. Le résultat est un ensemble de données structuré qui permet un traitement électronique ultérieur et peut être utilisé dans la procédure.

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„Lors de l’évaluation d’appareils numériques, il convient de vérifier régulièrement quelles catégories de données sont concernées, quelle période a été couverte et comment le traitement est documenté.“
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Restauration des données supprimées et ses limites

La restauration de données supprimées fait partie de la préparation des données, pour autant qu’elle soit comprise dans l’étendue de l’autorisation judiciaire. Techniquement, il est possible de reconstruire des données qui ont déjà été supprimées en cours de fonctionnement, tant qu’elles sont encore présentes dans le stock de données.

Typiquement, la restauration comprend :

Ici aussi, le lien strict avec l’autorisation judiciaire s’applique. Les données supprimées ne peuvent être restaurées et évaluées que si elles sont visées par les catégories de données et les périodes définies. La restauration n’est donc pas une étape d’enquête autonome, mais fait partie de la préparation technique dans des limites clairement définies.

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Limitation des données aux contenus pertinents

Dans le cadre de la préparation des données, une limitation ciblée des données aux contenus pertinents pour la procédure a lieu. Le point de départ est l’ensemble du stock de données sécurisé, qui ne peut toutefois pas être évalué intégralement. Il convient plutôt de filtrer les données qui sont visées par l’autorisation judiciaire.

La limitation s’effectue sur la base de critères clairement définis, notamment :

L’objectif est d’obtenir un stock de données réduit et pertinent, qui constitue la base de l’utilisation ultérieure dans la procédure. Parallèlement, cela garantit que les données non pertinentes ou illicites ne sont pas intégrées dans l’évaluation.

Résultat de la préparation et de la structuration des données

Le résultat de la préparation des données est un ensemble de données structuré qui correspond aux prescriptions de la décision judiciaire. Cet ensemble de données contient exclusivement les informations qui ont été déterminées dans le cadre de l’évaluation autorisée.

La loi oblige à fournir le résultat dans un format de fichier couramment utilisé. Cela permet de traiter les données par voie électronique et de les utiliser efficacement dans la procédure.

Les exigences typiques pour le résultat sont :

Le résultat constitue la base de l’utilisation ultérieure dans la procédure d’enquête et la procédure principale et doit donc être traçable tant sur le fond que sur le plan technique.

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Le rapport de préparation comme instrument central de contrôle

La préparation des données doit obligatoirement être documentée par un rapport de préparation. Ce rapport sert à la traçabilité et à la vérifiabilité de l’ensemble du processus et constitue un élément central de la réglementation légale.

Le rapport de préparation doit notamment consigner :

La documentation garantit que la préparation des données peut être vérifiée a posteriori. Le rapport permet notamment d’évaluer le respect de l’autorisation judiciaire ainsi que la légalité des différentes étapes de traitement.

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Rôle du ministère public dans la procédure d’enquête

Le ministère public dirige la procédure d’enquête et est donc également responsable du pilotage de la préparation des données. Il décide du dépôt des demandes nécessaires et supervise l’exécution des mesures autorisées.

Dans le cadre de la préparation des données, cela comprend notamment :

Le ministère public porte ainsi la responsabilité de s’assurer que la préparation des données s’effectue dans le cadre des prescriptions légales et que les résultats sont régulièrement introduits dans la procédure.

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Remise des données au tribunal lors de la procédure principale

Le résultat de la préparation des données doit être transmis au tribunal lors du dépôt de l’acte d’accusation. Ainsi, les données préparées font partie de la procédure judiciaire et sont disponibles pour la suite de l’administration des preuves.

La remise comprend notamment :

La transmission garantit que le tribunal peut examiner et exploiter les données de manière autonome. La préparation structurée permet alors une intégration efficace dans l’administration des preuves.

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Obligations d’effacement après la clôture de la procédure

Après la clôture définitive de la procédure, il existe une obligation légale d’effacement des stocks de données créés dans le cadre de la préparation des données. Cela concerne aussi bien le résultat de la préparation des données que les copies sous-jacentes.

Doivent notamment être effacés :

Une exception n’existe que si les données sont nécessaires comme moyen de preuve dans une autre procédure pénale pendante. Dans tous les autres cas, un effacement complet doit être ordonné et effectué.

Préparation des données en cas de classement de la procédure

Si la procédure d’enquête est classée, les mêmes obligations d’effacement qu’après une clôture judiciaire s’appliquent aux stocks de données créés dans le cadre de la préparation des données. Dans ce cas, c’est le ministère public qui est compétent et doit ordonner les mesures correspondantes.

L’effacement comprend notamment :

Ici aussi, l’effacement n’est omis que si les données sont nécessaires comme moyen de preuve dans une autre procédure pénale pendante. Dans le cas contraire, une suppression complète et définitive des données doit être effectuée.

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„Dans le cadre de l’examen juridique, il convient de clarifier si la préparation des données a été effectuée dans les limites légales.“
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Protection juridique contre une préparation de données illicite

Contre une préparation de données illicite, les personnes concernées disposent d’une protection juridique judiciaire. Le recours déterminant est notamment l’opposition pour violation de droit, par laquelle il peut être fait valoir qu’une mesure a été ordonnée ou exécutée de manière illégale.

Une telle protection juridique entre notamment en ligne de compte lorsque :

Le tribunal statue sur l’opposition. Il vérifie si la préparation des données répond aux exigences légales et peut, le cas échéant, remédier aux situations illégales.

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Distinction par rapport aux autres mesures d’enquête

La préparation des données doit être clairement distinguée des autres mesures d’enquête. Alors que la sécurisation et la saisie concernent l’établissement du pouvoir de disposition sur les données, la préparation des données régit leur évaluation de contenu.

Les différences essentielles peuvent être résumées comme suit :

La préparation des données n’est donc pas une intervention autonome, mais une étape de traitement ultérieure. Elle suppose une mesure préalablement ordonnée légalement et y est liée quant au contenu.

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Vos avantages grâce à l’assistance d’un avocat

La préparation des données selon l’article 115h du StPO est un processus techniquement complexe et juridiquement strictement réglementé. Même de légers écarts par rapport aux prescriptions légales peuvent conduire à ce que les preuves obtenues ne soient pas exploitables. Un examen précoce par un avocat est donc décisif.

Un accompagnement juridique permet notamment :

Précisément en cas de stocks de données numériques importants, il existe un risque considérable que des évaluations illicites soient effectuées ou que des vices de procédure pertinents passent inaperçus. Un contrôle juridique ciblé apporte ici de la clarté et peut avoir une influence décisive sur la suite de la procédure.

Une stratégie de défense solide suppose donc que la préparation des données soit entièrement comprise et vérifiée non seulement sur le plan technique, mais aussi sur le plan juridique.

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FAQ – Questions fréquemment posées