Une demande de mesure d’instruction conformément au § 55 StPO est l’instrument juridique central par lequel l’accusé peut influencer activement les faits faisant l’objet de l’enquête dans la procédure pénale. Elle permet d’exiger de manière ciblée l’administration de certaines preuves, lorsque celles-ci sont de nature à vérifier, relativiser ou infirmer les soupçons. La procédure pénale ne reste ainsi pas un processus d’enquête unilatéral du ministère public, mais devient une procédure d’État de droit dans laquelle les circonstances à décharge doivent également être systématiquement prises en compte.

La demande de mesure d’instruction contraint les autorités de poursuite pénale à se pencher sur des faits et des moyens de preuve concrets que l’accusé apporte à la procédure. Elle empêche que les enquêtes ne soient menées que dans une seule direction et garantit que les informations contradictoires ou à décharge soient examinées de manière juridiquement contraignante.

La demande de mesure d’instruction est le droit formel de l’accusé d’imposer l’examen de certains faits par des moyens de preuve concrets et ainsi d’orienter activement les soupçons.

Demandes de mesures d'instruction selon le § 55 StPO : exigences, motifs de rejet et rôle de la police criminelle avec rapport de circonstance
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Rechtsanwalt Peter Harlander Peter Harlander
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„Une bonne demande de mesure d’instruction n’est pas une liste de souhaits, mais une instruction de travail précise pour la procédure, comprenant l’objet de la preuve, le moyen de preuve et l’objectif de connaissance concret.“

Fonction de la demande de mesure d’instruction dans l’enquête préliminaire

Dans l’enquête préliminaire, la demande de mesure d’instruction sert à établir les soupçons sur une base objective. Bien que le ministère public ait pour mission d’enquêter sur les circonstances à charge et à décharge, dans la pratique, l’accent est souvent mis sur les éléments à charge. La demande de mesure d’instruction oblige la procédure à prendre également en compte les faits qui plaident contre les soupçons.

Elle agit ainsi comme un correctif contre les enquêtes unilatérales. Si un témoin à décharge n’est pas entendu, si une expertise technique n’est pas sollicitée ou si un alibi n’est pas vérifié, l’accusé peut demander précisément ces preuves. Cela empêche que la procédure ne se poursuive sur une base factuelle incomplète.

Exigences formelles d’une demande de mesure d’instruction

Une demande de mesure d’instruction doit être formulée de manière claire et structurée pour être juridiquement efficace. Elle ne doit pas être formulée de manière globale, mais doit permettre d’identifier concrètement ce qui doit être prouvé et par quels moyens. La loi exige trois éléments centraux obligatoires.

Une demande de mesure d’instruction doit contenir :

De plus, il convient de motiver pourquoi le moyen de preuve est apte à clarifier l’objet de la preuve. Il ne suffit pas de simplement citer une preuve. Il doit être compréhensible pourquoi ce moyen de preuve précis peut élucider un fait important. Ce n’est qu’alors qu’une base juridiquement vérifiable est créée pour la décision du ministère public.

Rechtsanwalt Sebastian Riedlmair Sebastian Riedlmair
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„La rigueur formelle détermine si une demande est examinée ou si elle est rejetée dans la pratique comme étant inopérante ; c’est pourquoi chaque élément doit être clairement désigné.“
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Objet de la preuve et moyens de preuve

L’objet de la preuve définit quel fait concret la procédure doit clarifier. Il détermine le cœur du contenu de la demande de mesure d’instruction et le distingue de simples suppositions. Quiconque allègue un alibi, un déroulement des faits ou la présence d’une personne doit indiquer précisément quel fait le tribunal ou le ministère public doit examiner.

Le moyen de preuve décrit par quoi ce fait doit être prouvé. Les moyens de preuve typiques sont les témoins, les experts, les actes, les vidéos ou les analyses techniques. Une demande de mesure d’instruction reste sans effet si elle ne cite aucun moyen de preuve concret, car l’autorité ne peut pas procéder à une administration de la preuve ciblée sans cette indication.

Un objet de preuve formulé avec précision, associé à un moyen de preuve approprié, donne à la procédure une direction d’examen claire. Cela permet de vérifier les soupçons de manière ciblée, au lieu de les fonder sur de simples suppositions.

Motivation et pertinence du moyen de preuve

Une demande de mesure d’instruction ne produit d’effet que si elle motive de manière cohérente pourquoi le moyen de preuve cité peut contribuer à la clarification de l’objet de la preuve. La simple désignation d’un témoin ou d’un document ne suffit pas. La demande doit expliquer quel gain de connaissance concret le moyen de preuve doit apporter et pourquoi ce moyen précis peut élucider le fait pertinent.

La pertinence dépend du fait que le moyen de preuve présente ou non un lien logique avec l’objet de la preuve. Un témoin n’est apte que s’il a lui-même perçu le processus allégué. Une expertise n’est utile que si elle clarifie une question technique à laquelle la procédure ne peut répondre sans expertise. Un enregistrement vidéo n’est valable que s’il représente le moment et le lieu pertinents.

Une motivation précise empêche le ministère public d’écarter la demande comme étant inappropriée. Quiconque expose clairement comment le moyen de preuve peut confirmer ou infirmer les soupçons crée une base de décision juridiquement vérifiable.

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„La pertinence est le point central, car seul un moyen de preuve ayant un lien clair avec l’objet de la preuve impose une décision objective.“
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Preuves irrecevables, inexploitables et impossibles

Tous les moyens de preuve ne peuvent pas être utilisés dans une procédure pénale. Les preuves irrecevables violent les interdictions légales, par exemple si quelqu’un enregistre secrètement des conversations ou obtient des données illégalement. De telles preuves ne doivent constituer aucune base de décision dans la procédure.

Les preuves inexploitables existent lorsque le mode d’obtention de la preuve viole les droits de procédure ou les droits fondamentaux. Cela inclut par exemple les témoignages obtenus sous pression ou les preuves issues de mesures de contrainte illégales. La procédure ne doit pas utiliser de tels contenus pour étayer les soupçons.

Les preuves impossibles concernent des faits qui ne peuvent pas être établis factuellement, par exemple parce qu’un témoin allégué n’existe pas ou qu’un objet n’est plus trouvable. Une demande de mesure d’instruction visant de telles preuves n’aboutit à rien et ne peut apporter aucune clarification.

La distinction claire entre les preuves recevables et irrecevables protège la procédure contre des résultats illégaux et préserve la fiabilité de la base de décision.

Motifs de rejet des demandes de mesures d’instruction

Le ministère public ne peut rejeter une demande de mesure d’instruction que dans des cas exceptionnels clairement réglementés. La loi protège ainsi le droit de l’accusé à une défense efficace et empêche que des demandes soient ignorées par simple opportunité ou commodité.

Un rejet n’est admissible que si

Ces motifs limitent la marge de manœuvre du ministère public à des critères objectifs. L’autorité doit examiner chaque point de manière objective et ne peut s’appuyer sur des rejets formulés de manière stéréotypée.

Si aucun de ces motifs n’est présent, le ministère public doit administrer la preuve demandée. Il ne peut rejeter une demande au motif qu’elle ébranle les soupçons ou remet en question l’orientation actuelle de l’enquête. Dans de tels cas, la loi exige une administration active de la preuve.

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„Le ministère public ne peut rejeter une demande que pour des motifs clairs, tout le reste constituerait une dévalorisation factuelle du droit de la défense.“
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Administration de la preuve et réserve pour l’audience principale

Le code de procédure pénale permet de reporter une administration de la preuve demandée à l’audience principale. Cet instrument sert à l’économie de la procédure, car certaines preuves ne sont utilement recueillies que devant le tribunal. Le ministère public ne doit toutefois pas abuser de cette possibilité pour retarder des enquêtes décisives.

Une réserve n’est admissible que si la preuve demandée ne peut pas éliminer immédiatement les soupçons et s’il n’y a pas de risque que la preuve soit perdue. Dès qu’un moyen de preuve est apte à décharger clairement l’accusé ou si un accès ultérieur est incertain, l’autorité doit recueillir la preuve immédiatement.

La réserve ne protège donc pas l’autorité d’enquête, mais la procédure contre un double travail inutile. Elle ne doit jamais conduire à ce qu’une procédure se poursuive sur la base de soupçons non vérifiés, alors qu’une simple preuve pourrait déjà clarifier les faits.

Rôle de la police criminelle lors des demandes de mesures d’instruction

La police criminelle constitue, dans l’enquête préliminaire, l’interface opérationnelle entre l’accusé et le ministère public. Lorsqu’une demande de mesure d’instruction est reçue, la police ne doit pas l’ignorer ou la classer sans suite. Elle doit soit procéder elle-même à l’administration de la preuve demandée, soit transmettre formellement la demande au ministère public.

La loi empêche ainsi que les demandes de mesures d’instruction ne restent bloquées au niveau opérationnel. La police criminelle veille, par le rapport de circonstance, à ce que chaque demande pertinente parvienne à la responsabilité formelle du ministère public et y soit examinée juridiquement.

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„Au niveau de la police criminelle, une demande de mesure d’instruction ne doit pas s’enliser ; le rapport de circonstance est précisément là pour faire remonter l’affaire en vue d’une décision.“
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Rapport de circonstance de la police criminelle

Le rapport de circonstance est l’obligation légale de rapport de la police criminelle dès qu’une ordonnance ou une décision du ministère public est nécessaire pour une preuve demandée.

Avec ce rapport, le ministère public est formellement impliqué dans la décision et doit décider de l’exécution ou du rejet de l’administration de la preuve demandée.

Obligations du ministère public lors des demandes de mesures d’instruction

Le ministère public porte la responsabilité de l’exhaustivité des enquêtes. Lorsqu’une demande de mesure d’instruction est reçue, il doit vérifier si les conditions légales d’un rejet sont réunies ou s’il fait procéder à l’administration de la preuve. Il ne doit pas se fier à un simple état du dossier lorsqu’une demande concerne un fait pertinent.

Si le ministère public décide de ne pas procéder à l’administration de la preuve, il doit en informer l’accusé et motiver pourquoi la demande n’est pas mise en œuvre. Cette obligation empêche que des demandes ne disparaissent de manière opaque ou tacite. Elle permet à la défense de situer juridiquement la décision et d’y réagir.

Conséquences juridiques en cas d’omission de l’administration de la preuve

Si le ministère public omet une administration de la preuve requise, il viole les droits de la défense de l’accusé. Un tel manquement peut conduire à ce que la procédure soit poursuivie sur une base factuelle incomplète et que des décisions erronées en résultent.

Un rejet ou un retard non justifié peut avoir ultérieurement des conséquences procédurales. Les tribunaux tiennent compte, lors de l’appréciation des preuves, du fait que des preuves à décharge n’ont pas été recueillies à tort. Dans les cas graves, cela peut ébranler la solidité d’une accusation ou d’un jugement.

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„Lorsque des preuves à décharge font défaut sans motif, ce n’est pas seulement l’équité qui en pâtit, mais la solidité de toute décision ultérieure.“
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Relation avec l’audience principale

L’audience principale constitue le cadre décisionnel central de la procédure pénale, mais la demande de mesure d’instruction déploie ses effets dès l’enquête préliminaire. Une administration précoce de la preuve peut clarifier ou infirmer les soupçons avant même qu’une accusation ne soit portée. Cela permet d’éviter qu’une procédure ne passe à la phase judiciaire sur la base de soupçons purement provisoires.

La réserve de certaines preuves pour l’audience principale reste l’exception. Dès qu’un moyen de preuve est apte à décharger considérablement l’accusé ou à empêcher une perte de preuve, la loi exige un recueil immédiat. Le ministère public ne doit pas utiliser l’audience principale comme prétexte pour retarder des clarifications décisives.

Une demande de mesure d’instruction utilisée de manière appropriée garantit que l’audience principale ne devienne pas une simple vérification d’enquêtes lacunaires. Elle assure que le tribunal décide sur une base factuelle complète et vérifiée.

Vos avantages grâce à l’assistance d’un avocat

La demande de mesure d’instruction est un instrument de défense précis qui ne déploie son plein effet que s’il est utilisé de manière juridiquement correcte et stratégique. Des erreurs concernant l’objet de la preuve, le moyen de preuve ou la motivation conduisent fréquemment, dans la pratique, à l’échec de demandes décisives ou à la perte de leur effet.

Un accompagnement juridique garantit que

C’est précisément lors de l’enquête préliminaire que la qualité des demandes de mesures d’instruction détermine si une procédure est classée sans suite ou si elle débouche sur une accusation sur la base de soupçons insuffisamment vérifiés. Une défense professionnelle veille à ce que les jalons de la procédure soient correctement posés dès le début.

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„Dans l’enquête préliminaire, la qualité des demandes de mesures d’instruction décide souvent plus tôt que n’importe quel tribunal si une procédure prend fin ou s’intensifie.“
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FAQ – Questions fréquemment posées

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